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Chiffres officiels

Congé Paternité en France : ce que Disent les Chiffres

Illustration ligne claire d'un calendrier mural et d'un lange plié, congé paternité en France — Treelys®

Le congé paternité en France dure vingt-cinq jours calendaires depuis juillet 2021, contre onze auparavant. Selon la DREES, 71 % des pères éligibles y avaient recours en 2021, et l'INED observe que 81 % dépassent désormais la semaine obligatoire.

Ces chiffres cachent des écarts importants selon le statut d'emploi. Cet article rassemble les données publiques disponibles et ce qu'elles disent du quotidien des familles.

Ce que prévoit la loi aujourd'hui

Le congé de paternité et d'accueil de l'enfant est de vingt-cinq jours calendaires pour une naissance simple, et de trente-deux jours en cas de naissances multiples. Ces jours s'ajoutent aux trois jours de congé de naissance versés par l'employeur.

Une première période de quatre jours est obligatoire. Elle suit immédiatement les trois jours de naissance, ce qui porte à une semaine la période incompressible d'absence du travail.

La partie fractionnable

Les vingt et un jours restants sont facultatifs. Ils peuvent être pris en une seule fois ou découpés en plusieurs périodes, la plus courte devant compter au moins cinq jours. Le délai pour les utiliser est de six mois à compter de la naissance.

Le cas des indépendants

Pour les travailleurs indépendants et certaines catégories assimilées, la période obligatoire passe à sept jours, et la partie facultative à dix-huit jours. Le total reste de vingt-cinq jours, avec le même délai de six mois.

Combien de pères prennent ce congé ?

Environ sept pères éligibles sur dix. Dans son étude n° 1275 publiée en juillet 2023, la DREES chiffre ce recours à 71 % en 2021, contre 68 % en 2013.

La même étude indique que 94 % des pères étaient éligibles en 2021. L'éligibilité dépend de conditions d'affiliation et de durée d'activité, que tous les pères ne remplissent pas.

Le taux monte à 76 % chez les pères en emploi. Il chute à 13 % chez les pères au chômage, pour qui la notion même de congé perd son sens pratique.

Pourquoi l'écart entre statuts est-il si important ?

Parce que le recours dépend d'abord de la stabilité de l'emploi. La DREES mesure un écart de quarante points entre les extrêmes : 91 % chez les fonctionnaires, 51 % chez les salariés en contrat court.

Le détail publié pour 2021 se répartit ainsi.

  • Fonction publique, emploi permanent : 91 % de recours.
  • Secteur privé, contrat à durée indéterminée : 82 %.
  • Contrats courts ou discontinus : 51 %.
  • Travailleurs indépendants : 46 %, contre 32 % en 2013.

La progression la plus nette concerne les indépendants, chez qui le recours a gagné quatorze points en huit ans. Elle reste toutefois très en deçà de celui des salariés stables.

Combien de jours sont réellement pris ?

La majorité des pères qui prennent le congé vont au bout. La DREES relevait que 65 % des bénéficiaires utilisaient les vingt-cinq jours, et que 80 % les prenaient en une seule période continue.

Les travaux plus récents de l'Institut national d'études démographiques prolongent ce constat. Dans le numéro 640 de Population et Sociétés, publié en 2026, l'INED indique que 81 % des pères ont dépassé la semaine obligatoire pour les naissances survenues entre juillet 2021 et décembre 2023.

Le fractionnement progresse

La possibilité de découper le congé est de plus en plus utilisée. Selon l'INED, la part des pères qui fractionnent est passée de 23 % au second semestre 2021 à 33 % au second semestre 2023.

Cette évolution change la nature du congé. Il ne couvre plus seulement les jours qui suivent la naissance, mais aussi des moments choisis : le retour de la maternité, la fin du congé maternité, une entrée en mode de garde.

Le congé pris seul avec l'enfant

C'est le changement le plus significatif. La part des pères prenant une partie de leur congé après le retour au travail de la mère est passée de 2 % avant la réforme à 8 % après, toujours selon l'INED.

Le chiffre reste faible. Il marque néanmoins l'apparition d'une pratique quasi inexistante auparavant : un père seul responsable du quotidien d'un nourrisson pendant plusieurs jours.

Un congé plus long change-t-il le partage des tâches ?

Pas mécaniquement, et c'est le principal enseignement des données récentes. L'étude n° 1355 de la DREES, publiée en novembre 2025, montre que l'écart de temps parental entre mères et pères reste considérable.

Les mères passent environ vingt-trois heures par semaine en tête-à-tête avec leur jeune enfant. Les pères, cinq heures et quarante-sept minutes. Et 45 % des jeunes enfants ne passent jamais de temps seuls avec leur père.

Entre 2013 et 2021, la présence paternelle a progressé de trois heures quinze par semaine. Cette hausse s'est faite presque entièrement en présence conjointe des deux parents, le temps en tête-à-tête ayant légèrement reculé.

Ce que cette nuance signifie

Un père plus présent n'est pas automatiquement un père qui prend en charge seul. Or c'est ce second point qui structure la répartition réelle de la charge domestique et mentale.

Nous détaillons ce mécanisme dans notre article sur la charge mentale parentale, et ses effets sur le couple dans celui consacré à la relation de couple après l'arrivée d'un enfant.

Ce qui freine encore le recours

Les enquêtes identifient deux obstacles principaux, et ils ont changé de nature. La réticence à prendre le congé recule ; la contrainte professionnelle et la perte de revenu prennent sa place.

Pour un indépendant, l'arrêt d'activité signifie souvent une perte de chiffre d'affaires supérieure à l'indemnité journalière. Pour un salarié en contrat court, s'absorber quatre semaines peut compromettre un renouvellement.

Ces contraintes expliquent une partie de l'écart entre statuts, davantage qu'une différence d'attitude vis-à-vis de la parentalité.

Le contexte démographique

Cette évolution s'inscrit dans un contexte de baisse continue des naissances en France. Les données de l'INSEE sur ce point sont détaillées dans notre article sur la natalité en France.

La DREES note par ailleurs que le recours à un mode d'accueil formel pour les moins de trois ans est passé de 47 % en 2002 à 60 % en 2021. Les différentes options sont comparées dans notre article sur la garde d'enfant en France.

Ce que ces données changent pour une famille

Elles n'imposent aucun modèle. Elles fournissent un point de comparaison utile au moment de décider comment répartir les jours disponibles.

Trois questions pratiques reviennent dans les témoignages : quand poser les vingt et un jours facultatifs, faut-il les fractionner, et faut-il en garder une partie pour la reprise du travail de l'autre parent.

Cette dernière option, encore minoritaire, correspond à la période où l'enfant acquiert ses premières compétences motrices. Nos repères sur cette phase figurent dans notre article sur l'âge auquel bébé tient sa tête.

La transition professionnelle qui suit est abordée dans notre article sur la reprise du travail après le congé. Les signaux de fragilité psychique du post-partum, qui concernent aussi le second parent, sont décrits dans notre article sur le baby blues et la dépression post-partum.

Ce qu'il faut retenir

Le congé de paternité français est passé à vingt-cinq jours en 2021. Le recours progresse, la durée prise s'allonge, et le fractionnement se généralise.

L'écart entre statuts d'emploi reste toutefois le déterminant principal, et le temps passé seul avec l'enfant demeure très inégalement réparti. Notre approche de ces sujets est exposée sur notre page à propos.

Sources

  • DREES, Études et Résultats n° 1275, « Premiers jours de l'enfant : un temps de plus en plus sanctuarisé par les pères via le congé de paternité », juillet 2023.
  • DREES, Études et Résultats n° 1355, temps parental des jeunes enfants, novembre 2025.
  • INED, Population et Sociétés n° 640, congé de paternité prolongé et modulable, 2026.
  • Assurance Maladie, fiche « Congé de paternité et d'accueil de l'enfant », ameli.fr, consultée le 7 septembre 2026.
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